La conservation in et ex-situ

culture ex situ

En 2008, un programme d’élaboration de listes rouges d’espèces végétales a été enclenché en France, et décliné aux contextes locaux par chaque Conservatoire botanique national. Ce travail applique la méthode internationale standardisée d’évaluation de la menace de disparition d’une espèce proposée par l’Union internationale pour la conservation de la nature – UICN. Des listes de plantes les plus menacées d’extinction ont ainsi été établies pour le territoire d’agrément du CBN de Bailleul.

Selon les milieux, les menaces pour les espèces ou populations de plantes diffèrent.
Ainsi, par exemple, la flore sauvage des prairies et des champs s’est considérablement appauvrie et banalisée suite à l’usage généralisé des engrais, herbicides et autres activités agricoles intensives. La pollution chronique de nos rivières, canaux, fossés et même de nos nappes phréatiques impacte également la flore et les végétations aquatiques et palustres.

L’établissement des listes rouges permet d’orienter les actions du CBNBL, des institutions et des gestionnaires d’espaces en faveur des espèces les plus menacées.
Cela se traduit par des programmes de conservation in situ et ex situ.

La conservation in situ des espèces végétales consiste à les préserver dans leurs milieux de vie. Il s’agit d’assurer une vigilance sur l’ensemble du territoire d’agrément et d’alerter les pouvoirs publics lorsque des menaces sur le patrimoine naturel sont identifiées ou de proposer des mesures de gestion adaptées.

Il s’agit aussi de comprendre et de maîtriser l’évolution des plantes et de leur habitat à l’aide d’un suivi régulier. Suivre les effectifs de populations de plantes permet surtout d’évaluer des programmes de gestion, de renforcement ou de réimplantation d’espèces rares ou menacées.
 

Mais compter n’est pas aussi simple qu’il y paraît...
Premier élément à définir : qu’est-ce que l’on compte
Selon les espèces, l’unité de comptage (ou "individu morphologique") diffère : les pieds pour les plantes annuelles, les tiges (toutes ou uniquement les tiges florifères) pour les plantes vivaces, etc. Pour permettre un suivi cohérent sur une période, il est donc nécessaire de toujours appliquer les mêmes critères d’observation.

Second élément de méthode important : comment on compte ?
Selon la méthode choisie, le niveau de précision de l’inventaire sera variable et l’évaluation du suivi également. Selon ce que l’on souhaite observer, des méthodes différentes s’avèreront davantage pertinentes (suivi par quadrat permanent, utilisation de transect, d’aire de présence, de pointage précis…). Le protocole utilisé lors de chaque observation doit donc être précisé et sauvegardé afin de produire des données comparables, garantes d’un suivi des populations réellement explicite et fiable.

La prise en compte du contexte (l’évolution du site, les autres populations ou espèces environnantes, etc) et de l’habitat s’avère également utile lorsque l’on souhaite engager des actions de gestion afin d’agir sur l’évolution des populations observées.

La conservation ex situ :

Il s’agit de lutter contre la disparition des espèces en conservant au froid des semences fertiles ou en cultivant les plantes au sein d’un jardin conservatoire.

31 840 000 !

C’est le nombre de graines provenant du territoire d’agrément conservées dans la banque de semences du CBNBl. Près de 14 millions proviennent de récoltes en nature et 18 millions sont issues de multiplication au jardin conservatoire. Ces semences ont été récoltées sur 840 espèces. Ce sont plus de 1800 lots de graines qui sont conservés en réfrigération à 5°C ou en congélation à -20°C.

La banque contient également 620 000 graines provenant d’autres régions françaises ou d’autres pays.

Ces lots peuvent être sources de graines pour des programmes de multiplication et de retour à la nature (renforcement, introduction de populations).

En complément, le CBNBL dispose d’un jardin (composé de parcelles argileuses, crayeuses ou sableuses) spécifiquement destiné à la culture et la reproduction d’espèces végétales pour lesquelles on ne connaît qu’une faible population en milieu naturel.
Des bassins et une serre complètent ces habitats en pleine terre, notamment pour les espèces amphibies. Le jardin conservatoire accueille une centaine d’espèces végétales.

Les mesures de conservation in situ et ex situ à appliquer sont généralement définies par un plan de conservation. Ils peuvent être locaux, régionaux ou nationaux. Ces plans, qui s’appuient notamment sur les connaissances issues des suivis de populations et des actions de préservation d’espèces ou d’habitats, sont élaborés et mis en œuvre par le CBNBL avec de nombreux acteurs locaux.

 

Téléchargement :

La liste des espèces conservées en banque de semences

Agir pour le Liparis de loesel en Nord-Pas de Calais

L'essentiel du Plan National d'Actions 2012-2017 en faveur des messicoles